Banniere
Français Anglais
Marque Pages
Style
Recherche


Billets
Merlin le requin

Culture
Le finning

Science
La respiration

La respiration


Nous avons beau vivre dans un élément différent du vôtre, nous avons les mêmes besoins que vous, notamment au niveau de la respiration. Notre organisme, pour se mouvoir, a besoin d'un grand apport en oxygène. Cet oxygène nous vient bien entendu de l'eau dans laquelle nous vivons. Voyons ici plus en détail notre système respiratoire.


Pour filtrer l'oxygène de l'eau, nous avons des branchies. Ce sont des arcs cartilagineux qui séparent la cavité buccale de la chambre branchiale et qui supportent des filaments branchiaux. Chaque filament a de nombreuses lamelles perpendiculaires richement vascularisées (d'où la couleur rouge de l'intérieur de nos arcs branchiaux). Cette structure permet d'accroître la surface d'échange entre l'eau et nos tissus (par
exemple la surface des lamelles branchiales de l'aiguillat commun est de 0,37m²/kg) et donc d'absorber plus d'oxygène.
Nous n'avons aucune membrane protectrice pour protéger nos fentes branchiales mais, contrairement à celles des autres poissons, les nôtres sont mobiles : nous pouvons les contracter ou les dilater à loisir.

La plupart des requins possèdent 5 fentes branchiales de chaque côté du corps (au niveau du bord d'attaque des nageoires pectorales) mais certains possèdent 6 voire 7 arcs branchiaux ! Ces requins forment la famille des Hexanchiformes et sont considérés comme très anciens, de vrais fossiles vivants ! (on compte d'ailleurs parmi eux le requin griset).
J'ajouterai aussi que les branchies les plus longues et les plus développées appartiennent aux espèces qui ont besoin d'une importante capacité respiratoire
pour leurs attaques (comme le grand blanc ou le mako) mais que les requins filtreurs surpassent tous les autres dans cette catégorie. Les branchies d'un requin baleine font le plus souvent la taille d'un homme debout ! Quant à parler des arcs branchiaux démesurés du requin pélerin, autant dire que sa gueule s'est complètement adaptée à son mode de vie de poisson filtreur.

Pour que nous respirions, il faut donc que l'eau rentre par notre bouche et ressorte par nos branchies (où l'oxygène aura été prélevé). Nous respirons donc plus facilement si nous nageons à contre-courant.
Comme il y a de nombreuses espèces de requins, il y a différents modes de vie, notamment les requins pélagiques (de haute mer) qui nagent en permanence et
les requins benthiques (vivant prêt des côtes) qui peuvent passer leurs journées posés sur le fond. De ce fait, il y a deux modes de respiration différents qui se sont développés (et encore une autre techique chez les raies qui sont nos cousines).

Le premier mode de respiration est appelé "respiration branchiale", il convient aux espèces benthiques et sédentaires. Les requins qui restent posés sur le fond peuvent aspirer l'eau et la faire ressortir par leurs branchies sans avoir pour autant besoin de nager ou d'être face au courant. Pour cela, ils dilatent leur pharynx et ouvrent leur bouche. Lors de la première phase de la respiration, les lamelles branchiales adhèrent au corps (du fait de l'ouverture de la bouche) et sont à peu près fermées. Lors de la phase suivante, la bouche se ferme et le pharynx se contracte, l'eau comprimée traverse alors rapidement branchies et fentes branchiales.

Le système de respiration le plus connu du grand public est celui des requins de haute mer. Pour eux, le seul moyen qu'ils ont pour que l'eau traverse leurs branchies est de nager en permanence (même en dormant !). Si un requin qui a ce mode respiratoire s'arrête de nager, c'est l'asphyxie (c'est pourquoi lorsqu'un requin est pris dans un filet perdu, il meurt).

La troisième façon de respirer est propre aux raies : il s'agit d'utiliser le spiracle qui est un trou situé derrière les yeux. Cet évent est assimilable à une soupape actionnée par un muscle involontaire. Tous les requins ont aussi un spiracle mais, chez la plupart d'entre eux, ce n'est qu'une "option" qui permet d'avoir plus d'air près du cerveau.

Parmi nous, il y a certains privilégiés comme le requin taureau qui ne se contentent pas d'une seule façon de respirer et qui peuvent alterner la respiration en nageant ou en aspirant l'eau selon leur situation. D'autres rentabilisent leurs efforts au maximum et mangent en respirant (comme le requin baleine).
Il y a même certains marginaux comme les requins dormeurs qui peuvent faire pénétrer l'eau par leurs branchies antérieures et la faire ressortir par leus branchies postérieures. Ainsi, elle ne passe jamais par la bouche ce qui permet une dissociation des fonctions alimentaire et respiratoire. Ils peuvent aussi se servir de leur spiracle pour respirer sans ouvrir la bouche.
L'efficacité de la respiration dépend aussi de la quantité d'hémoglobine dans le sang car c'est elle qui fixe l'oxygène et le transporte dans l'appareil circulatoire et les organes. Ce taux varie selon les espèces de 3 à 14 g pour 100ml de sang.


Ainsi, il y a plusieurs façons de respirer au même titre qu'il y a lusieurs modes de vie. C'est grâce à nos branchies que nous pouvons filtrer l'oxygène contenu dans l'eau mais ce sont des organes délicats et fragiles qui sont bien trop souvent endommagés par la pollution. Si elles sont obstruées par des parasites, cela peut aussi beaucoup nous gêner d'où l'importance de se faire accompagner par des déparasiteurs.